mardi 12 septembre 2017

Regards de bipèdes - VI

LES ÉTATS UNIS — AMÉRIQUE DU NORD

Durant les quelques mois où nos bipèdes ont vécu sur la côte Est, ils ont eu l’occasion d’entr’apercevoir le quotidien des Américains et d’évaluer les différences de culture entre la vieille Europe et le nouveau continent. Elles sont pléthore.
Tout d’abord, l’alimentation qui, surtout pour un français, relève de l’aberration. Il suffit d’observer les populations pour se rendre très vite compte qu’il y a énorme problème d’obésité et une carence évidente d’éducation nutritionnelle.
Les supermarchés regorgent de produits aux compositions qui provoqueraient une crise cardiaque rien qu’à la lecture. Pour s’alimenter, il suffit de n’acheter aucun produit fini et de trouver, si possible, des ingrédients adéquats.  Quelques exemples : pour la volaille, l’on ne trouve que du poulet (oubliez le label rouge) et à la cuisson, il faut attendre que l’eau s’évapore. Idem pour le porc. À noter, absence totale de longues oreilles (là, ça n’est pas grave, car ces bêtes-là sont interdites à bord), pas de veau non plus et l’on ne trouve des canards que dans les dessins animés ou sur les mares. Utopique, que de vouloir une plaque de chocolat de 200 g (leurs rayons sont très pauvres, le chocolat de mauvaise qualité et très cher). Impossible de dénicher de la crème fraîche épaisse (sauf en conserve Nestlé et il est exceptionnel d’en trouver). La liste serait longue. Les différences culturelles sont criantes. Elles ont désespéré nos bipèdes qui rêvent parfois d’une côte de veau à la crème ou d’un plateau de charcuterie (le pâté n’existe pas là-bas). Mais, bien entendu, ils n’ont pas recherché les boutiques spécialisées qui existent dans les grandes villes. Et ces boutiques sont très rarissimes. Ils n’ont jamais vu une poissonnerie ou une boucherie par exemple. Les Américains ont la culture du supermarché et cela s’arrête là. Font timidement leur apparition : les marchés fermiers (qui, la plupart du temps, n’en ont que le nom). Les conséquences de cette «mal bouffe» sont visibles. Lorsqu’on observe les résidents, force est de constater qu’ils sont loin d’être en bonne santé et l’absence d’une éducation de base à ce sujet porte un préjudice conséquent à ce grand pays. Leur système de santé, absent pour une importante frange de la population, pose aussi un grave problème.
Autre constat, l’américain est d’un naturel aimable et n’hésite pas à rendre service. S’il peut aider, il le fera avec plaisir. Le personnel des boutiques fera tout son possible pour vous satisfaire. C’est juste extraordinaire pour un français qui s’entend généralement dire dans un supermarché français «c’est pas mon rayon» sur un ton aussi peu aimable que possible ! Hors contexte professionnel, il en est de même. Les gens sont généralement serviables ; du moins, pour ceux avec qui ils ont été en contact.
Les petits boulots sont tenus par de très jeunes employés, mais aussi, par des personnes, parfois très âgées. Dans les supermarchés, après les caisses, il n’est pas rare de trouver un « ancien » qui mettra vos provisions dans des sachets et vous les tendra ensuite.
Une différence fondamentale aussi, l’exhibition de son pouvoir d’achat. Elle s’exprime par une architecture ostentatoire et par l’achat des plus clinquants objets se trouvant sur le marché, les voitures, les yachts, les avions, etc.… L’américain « montre », mais il oublie souvent de cocher la case « classe » ! L’argent n’est pas un tabou.
Ce phénomène pose un problème concernant l’accès au littoral par exemple. Des kilomètres de rivages sont privés et impossibles d’accès au pékin venu de l’extérieur.
L’Amérique, sans tomber dans les clichés, et un ensemble d’ethnies qui se côtoient, s’affrontent ou sympathisent, selon les cultures, le pouvoir d’achat ou les religions. C’est un continent où la notion communautariste se traduit à tous les niveaux de la société. Ici, il faut être intégré à un groupe (ethnique, religieux où autre) où le rejet peut être violent.
Ce que le bipède marin apprécie par-dessus tout, c’est l’espace, la diversité des paysages et des gens. Peu importent les désagréments liés aux différences culturelles, les États Unis sont à découvrir comme un oignon que l’on épluche. À chaque couche enlevée se découvre un aspect inédit, un éclairage différent de ses propres références. Mais il est certain que nos bipèdes sont souvent horrifiés par le manque de conscience écologique, qui se traduit par l’absence de technologies telles que le solaire au l’éolien.

Il ne s’agit pas là d’un éloge naïf qui gommerait les effets, parfois nocifs, de la puissance américaine. Il est question d’un ressenti, à un moment donné, des perceptions superficielles de deux bipèdes marins qui ont longé la côte Est.

Regards de bipèdes - V

Où rien ne se passe comme prévu !
Nos bipèdes se souviendront de leur dernière escapade comme d’un rappel aux lois maritimes. Le tout n’est pas de vouloir, mais de pouvoir. Ils avaient des projets plein les neurones. La météo et quelques complications d’ordre médical les ont pulvérisés. Si l’on ajoute une obligation de retour en France en mai, le timing devient plus que problématique.
Ils voulaient rejoindre Miami par l’océan. Ils sont descendus par l’Intracoastal et ont « perdu » un temps fou. Pourquoi ? Mais à cause d’une météo scandaleusement capricieuse qui n’a cessé de retarder leur départ.
Arrivés à Miami, un virus qui passait par là a sauté sur le capitaine. Le virer a pris une douzaine de jours et leur a fait manquer deux fenêtres météo.
Résultat, ils n’ont pu parcourir les routes prévues jusqu’au Rio Dulce - Guatemala. 
L’obligation de sortir Adélie des Etats Unis (voir législation) les a contraints à naviguer aux Bahamas.
Les Bahamas
Grande est la tentation, faire un « copié/collé » de l’article sur les Antilles et le tour serait joué. En fait, pas du tout. Les Bahamas sont bien pires. L’adjectif peut sembler excessif, et pourtant…
Les Bahamas sont aussi « une immense maison de retraite à mer ouverte ». A la différence des Antilles du Sud, la suprématie américaine est incontestable. La navigation est à 80 % motorisée, et si l’on veut voir une exposition de yachts, c’est là qu’il faut aller. L’exhibition du luxe s’épanouit sans retenue. Equipages aux allures impeccables, hydravions pour véhiculer les propriétaires et annexes volumineuses pour se rendre à terre. Toboggans, jet-skis et autres jouets égayent aussi les mouillages. Suivant les lieux, c’est un vrai festival d’animation aquatique.
Bien qu’il y ait plus de 700 îles et îlots,  les mouillages plus ou moins protégés sont pris d’assaut. Et, au milieu de toute cette euphorie, se glissent les voiliers. La plupart sont sous pavillon canadien, et plus précisément, québécois. Ils sont très nombreux à stocker leurs embarcations en Floride durant la saison des cyclones. L’hiver, ils retrouvent les Bahamas et dépassent rarement ce périmètre.
Nombreuses sont les îles privées. Accoster est interdit ou toléré le temps d’y faire quelques courses aux tarifs prohibitifs.
Dans l’ensemble, les paysages sont peu attrayants. Comme les îles sont plates et à fleur d’eau, seul un maquis couvre les parties émergées. Elles se ressemblent toutes et n’ont pas grand intérêt. L’atout majeur des Bahamas ne réside pas dans la beauté de ses paysages (exception faite des plages), mais dans l’exceptionnelle qualité et beauté des eaux transparentes qui les entourent.
Les Bahamas sont une piscine géante où plonger devient un voyage fantastique à la rencontre d’une faune aussi exubérante que fragile. Aux abords des mouillages, la plupart des patates de corail n’ont pas résisté à la pollution engendrée par la surpopulation maritime.
Beaucoup se rendent aux Bahamas pour les « consommer ». Peu leur importe les conséquences de leurs actes, ils sont là pour « profiter ». Quant aux règles maritimes, il vaut mieux éviter le sujet, certains ne sauraient même pas de quoi l’on parle.
Les quelques autochtones croisés ont été aimables, souriants et serviables. Surprise très agréable si on les compare aux les Antilles françaises. Question de mentalité.
En conclusion, il n’y a rien à voir en surface, mais tout à découvrir sous l’eau.
Nos bipèdes ont été heureux de quitter ces eaux turquoise absolument somptueuses. Après une escale à Miami, ils ont rejoint le Nord de la Floride par l’océan et ont décollé.

D’autres perspectives sur le monde terrien s’offrent momentanément à eux. Ils vont se nourrir des possibles de leur environnement et se concentrer sur LE projet. Celui pour lequel ils ont choisi Adelie : le passage du Nord-Ouest.

jeudi 25 août 2016



Hello,


Are you  doing something in July and August-September 2017/8 ?
And why not pass the mythical Northwest passage in a sailboat ?
And, forget the summer heat. Ice is at hand.
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Adelie is a 11m Aluminum sailboat with an integral keel made to sail the artic. Designed by the French architect Joubert – Nivelt. On board, Dominic, the captain, and Marie-Lise, the mate.
Their goal:Is to reach Vancouver by the North West passage from Green Cove Springs - Florida. A  boat this size challenges skills, knowledge, discipline and mental will be the base. Just as suitable equipment will be a key security support.
So, any interested parties ?
All boats have sponsors that support them, that's the rule. Whether present or not at a major departure when, they signed their support for the encouragement of all they have offered. Whether it is for them to test materials, photo reports, editorial or journalistic purpose to advertising, they are there to follow an experience where men and equipment will be tested. And you ?
Scheduled departure of Green Cove Springs in March 2017.

Contact us and we will gladly give you all the  details and steps that will be taken. constraints and opportunities that we will face and how you can take part and join us on our adventure.
Make a move, dare the Northwest Passage. The ice cubes are offered. Join us.
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Bonjour,

Vous faites quelque chose en juillet-août-septembre 2017 ?
Et pourquoi pas le mythique passage du Nord-Ouest en voilier ?
L’arctique, et l’on oublie les chaleurs estivales. Les glaçons sont à portée de main.
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Adélie est un dériveur intégral de 11 m construit pour les glaces par l’architecte Joubert - Nivelt en aluminium épais. À son bord, Dominique, le capitaine, et Marie-Lise, la commissaire de bord.
Leur objectif : rejoindre Vancouver par le passage du Nord-Ouest au départ de Green Cove Springs - Floride. Un challenge de taille où compétences, savoir-faire, discipline et mental en seront le socle. Tout comme un équipement adapté sera un support de sécurité fondamental.
Alors, partants ?
Tous les bateaux ont des parrains qui les soutiennent, c’est la règle. Qu’ils soient présents ou non lors d’un grand départ, ils ont signé leur appui par les encouragements de tous ordres qu’ils ont offerts. Qu’il s’agisse pour eux de matériels à tester, de reportages photo, rédactionnel à but publicitaire ou journalistique, ils sont preneurs pour suivre une expérience hors normes où hommes et équipements seront à l’épreuve. Et vous ?
Départ prévu de Green Cove Springs mars 2017.
Contactez-nous et nous nous ferons un plaisir de vous exposer en détail les étapes, contraintes et possibilités auxquelles nous allons faire face et comment vous pouvez y prendre part. 

Sortez du cadre, osez le passage du Nord-Ouest. Les glaçons sont offerts. Rejoignez-nous.

samedi 2 janvier 2016

Autorisation de monter à bord.


Nous vous présentons FuKu (prononcer foukou) et Pod, plus orange que jamais. Tous deux sont séduits par l’idée de découvrir le monde hors de leur condition. Fuku veut absolument goûter aux nourritures exotiques. Quant à Pod, il a décidé de visiter tous les sites susceptibles d’abriter ses congénères, les copépodes.

Survivrons-t-ils aux océans et aux rigueurs de la vie maritime ?

vendredi 7 août 2015

Bonjour

La question des possibles et des choix

Si nous en faisons tous, avec conscience ou non, nos choix déterminent notre vie. Le notre fut de préférer devenir des nomades des mers et océans 

"l'autre monde".
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http://www.seven-seas.fr/ élargit donc ses perspectives.

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Juste deux voyageurs aux yeux ouverts embarqués sur un voilier nommé Adélie.

Regards de Bipèdes - IV

LES CARAÏBES

Les Caraïbes sont devenues  une immense maison de retraite à mer ouverte. Elles sont le terrain de jeu privilégié des assoiffés de soleil et de chaleur en saison hivernale. Principalement, des populations venues d'Europe, du Canada et des États Unis  sont représentées.
Il n'est pas rare de croiser des gens passant plusieurs mois sur leur bateau (le plus souvent des catamarans d'ailleurs) et ce, depuis nombre d'années. Ils naviguent peu. Changer de mouillage de temps en temps suffit à leur bonheur. Concernant les européens, certains ont, tout de même,  traversé l'Atlantique. D'autres ont préféré faire convoyer leur coque par cargos, camions pour l'Amérique du Nord, ou louent les services d'un skippeur. Et, la grande mode de ces dernières années est la traversée de lAtlantique en groupe ! Et, pour ne pas la nommer, cest lArc qui organise cette transatlantique. Cest, à nen pas douter, un mode de consommation qui prend de lessor. Une Transat "prémâchée" vendue T.T.C. Christophe Colomb aurait adoré.
Quelques-uns achètent leurs embarcations sur zone pour simplifier les problématiques des déplacements sur longue distance.
Tout ce petit monde cohabite sur l'eau en saison sèche et embouteille joyeusement les mouillages. Il n'est pas rare d'être confronté à une promiscuité peu réjouissante. Faire un parallèle entre un mois d'août sur la côte méditerranéenne vient facilement à l'esprit.
L'ampleur du phénomène est telle qu'il génère des comportements aberrants. L'ignorance des règles maritime ferait hurler n'importe quel puriste. Sans aller jusque là, il serait judicieux de faire observer un minimum la réglementation locale et les codes internationaux. Un laxisme débridé s'établit et occasionne des comportements indignes. En faire la liste serait fastidieux et ceux qui navigueront dans ces eaux comprendront tout de suite ces propos.
Ce n'est donc pas aux Caraïbes que l'esprit marin s'épanouit ; loin s'en faut.
Pourtant, au milieu de cette faune hétéroclite, il peut arriver de faire des rencontres épatantes.  Quelques voyageurs, à bord de leurs voiliers, dont la route passe par les Caraïbes. Ils sont en escale ; ce qui fait toute la différence.
Et les locaux dans tout ce tourbillon maritime et terrestre ? Et bien, tout dépend des îles. Nos bipèdes sont loin d'avoir  pu les observer dans leur totalité.
Cependant, bien que leur pavillon soit tricolore (Français : bleu-blanc-rouge pour les amnésiques), ils sont navrés d'avoir constaté qu'en Martinique, ils ne sont qu'une carte de crédit sur patte. Aussi, une forme de mépris à l'état latent a tendance à plomber l'ambiance. Phénomène courant, particulièrement établi chez une frange de la population. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour pouvoir expliquer le "pourquoi du comment" de tels comportements. Mais, il serait présomptueux de faire une analyse sociologique alors qu'ils ne sont restés que peu dans quelques magnifiques mouillages.
D'autres îles, d'autres ambiances... A la Barbade, les autochtones vaquent à leurs occupations et ignorent "les envahisseurs". L'on ne sent aucune agressivité.  Il en est de même à la Grenade où la population, même s'ils n'ont pas coché l'option "sourire", est très aimable.
Continuons par Sainte Lucie. Comme en Martinique, les visiteurs font partie inhérente du paysage.   CB sur pattes là aussi, ils paient leur invasion pacifique.
Finissons par Saint-Martin. Cette petite île à la particularité d'être divisée en deux. Côté hollandais, c'est l'effervescence. C'est à qui saura le plus efficacement séduire la foule qui se répand sur les plages et les villages adjacents. Clairement, ils ont choisi d'empocher les liquidités qu'ils subodorent d'être à leur portée. Haranguer le passant est un sport national. A l'inverse, la partie française est calme, paisible ; presque en déshérence. Le contraste est saisissant. Les choix des décideurs ont été, manifestement, différents.
Les Caraïbes sont des cartes postales, certaines magnifiques au vue de là plupart. Il est manifeste que les peuples des îles, s'ils retirent un bénéfice plus ou moins substantiel le la manne touristique, subissent aussi une surpopulation dont les comportements peuvent choquer, voire heurter les sensibilités. Mais, la carte postale est belle...
Effleurer les Caraïbes, même superficiellement, est une expérience tout à fait intéressante sur la route d'autres aventures. En partir est un soulagement.

LA FLORIDE

Nouvelle approche pour nos bipèdes marins. Après quelques mois passés dans les îles (météo oblige), voici un qu'un continent leur ouvre ses portes. Une nouvelle page  est à écrire.
Après onze jours isolés où l'océan dicte ses lois, les sensations sont fortes lorsqu'ils abordent en Amérique du Nord.
 Comment ne pas avoir une pensée pour tous ces découvreurs de terres supposées. Quels sentiments pouvaient les habiter ? Aujourd'hui, la géographie de notre planète n'est plus vraiment un secret. Pourtant, il suffit de garder les yeux ouverts et le voyageur devient découvreur. A lui d'être réceptif.
Nos bipèdes ont connaissance d'une version terrestre du pays qui n'inclut pas la Floride. Comme la plupart, c'est par le prisme du cinéma, des séries télévisées, des documentaires, des lectures dédiées et de rencontres qu'ils ont dessiné l'esquisse de cet état. À eux d'en préciser les contours et de trouver les couleurs qui sauront identifier, au mieux, ce qu'est, à leurs yeux, cette pointe de terre ; en version maritime cette fois.
À suivre...