jeudi 25 août 2016


Hello,


Are you  doing something in July and August-September 2017 ?
And why not pass the mythical Northwest passage in a sailboat ?
And, forget the summer heat. Ice is at hand.
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Adelie is a 11m Aluminum sailboat with an integral keel made to sail the artic. Designed by the French architect Joubert – Nivelt. On board, Dominic, the captain, and Marie-Lise, the mate.
Their goal:Is to reach Vancouver by the North West passage from Green Cove Springs - Florida. A  boat this size challenges skills, knowledge, discipline and mental will be the base. Just as suitable equipment will be a key security support.
So, any interested parties ?
All boats have sponsors that support them, that's the rule. Whether present or not at a major departure when, they signed their support for the encouragement of all they have offered. Whether it is for them to test materials, photo reports, editorial or journalistic purpose to advertising, they are there to follow an experience where men and equipment will be tested. And you ?
Scheduled departure of Green Cove Springs in March 2017.
Contact us and we will gladly give you all the  details and steps that will be taken. constraints and opportunities that we will face and how you can take part and join us on our adventure.
Make a move, dare the Northwest Passage. The ice cubes are offered. Join us.
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Bonjour,

Vous faites quelque chose en juillet-août-septembre 2017 ?
Et pourquoi pas le mythique passage du Nord-Ouest en voilier ?
L’arctique, et l’on oublie les chaleurs estivales. Les glaçons sont à portée de main.
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Adélie est un dériveur intégral de 11 m construit pour les glaces par l’architecte Joubert - Nivelt en aluminium épais. À son bord, Dominique, le capitaine, et Marie-Lise, la commissaire de bord.
Leur objectif : rejoindre Vancouver par le passage du Nord-Ouest au départ de Green Cove Springs - Floride. Un challenge de taille où compétences, savoir-faire, discipline et mental en seront le socle. Tout comme un équipement adapté sera un support de sécurité fondamental.
Alors, partants ?
Tous les bateaux ont des parrains qui les soutiennent, c’est la règle. Qu’ils soient présents ou non lors d’un grand départ, ils ont signé leur appui par les encouragements de tous ordres qu’ils ont offerts. Qu’il s’agisse pour eux de matériels à tester, de reportages photo, rédactionnel à but publicitaire ou journalistique, ils sont preneurs pour suivre une expérience hors normes où hommes et équipements seront à l’épreuve. Et vous ?
Départ prévu de Green Cove Springs mars 2017.
Contactez-nous et nous nous ferons un plaisir de vous exposer en détail les étapes, contraintes et possibilités auxquelles nous allons faire face et comment vous pouvez y prendre part. 

Sortez du cadre, osez le passage du Nord-Ouest. Les glaçons sont offerts. Rejoignez-nous.

mardi 16 août 2016

Regards de bipèdes - V

Où rien ne se passe comme prévu !
Nos bipèdes se souviendront de leur dernière escapade comme d’un rappel aux lois maritimes. Le tout n’est pas de vouloir, mais de pouvoir. Ils avaient des projets plein les neurones. La météo et quelques complications d’ordre médical les ont pulvérisés. Si l’on ajoute une obligation de retour en France en mai, le timing devient plus que problématique.
Ils voulaient rejoindre Miami par l’océan. Ils sont descendus par l’Intracoastal et ont « perdu » un temps fou. Pourquoi ? Mais à cause d’une météo scandaleusement capricieuse qui n’a cessé de retarder leur départ.
Arrivés à Miami, un virus qui passait par là a sauté sur le capitaine. Le virer a pris une douzaine de jours et leur a fait manquer deux fenêtres météo.
Résultat, ils n’ont pu parcourir les routes prévues jusqu’au Rio Dulce - Guatemala. 
L’obligation de sortir Adélie des Etats Unis (voir législation) les a contraints à naviguer aux Bahamas.
Les Bahamas
Grande est la tentation, faire un « copié/collé » de l’article sur les Antilles et le tour serait joué. En fait, pas du tout. Les Bahamas sont bien pires. L’adjectif peut sembler excessif, et pourtant…
Les Bahamas sont aussi « une immense maison de retraite à mer ouverte ». A la différence des Antilles du Sud, la suprématie américaine est incontestable. La navigation est à 80 % motorisée, et si l’on veut voir une exposition de yachts, c’est là qu’il faut aller. L’exhibition du luxe s’épanouit sans retenue. Equipages aux allures impeccables, hydravions pour véhiculer les propriétaires et annexes volumineuses pour se rendre à terre. Toboggans, jet-skis et autres jouets égayent aussi les mouillages. Suivant les lieux, c’est un vrai festival d’animation aquatique.
Bien qu’il y ait plus de 700 îles et îlots,  les mouillages plus ou moins protégés sont pris d’assaut. Et, au milieu de toute cette euphorie, se glissent les voiliers. La plupart sont sous pavillon canadien, et plus précisément, québécois. Ils sont très nombreux à stocker leurs embarcations en Floride durant la saison des cyclones. L’hiver, ils retrouvent les Bahamas et dépassent rarement ce périmètre.
Nombreuses sont les îles privées. Accoster est interdit ou toléré le temps d’y faire quelques courses aux tarifs prohibitifs.
Dans l’ensemble, les paysages sont peu attrayants. Comme les îles sont plates et à fleur d’eau, seul un maquis couvre les parties émergées. Elles se ressemblent toutes et n’ont pas grand intérêt. L’atout majeur des Bahamas ne réside pas dans la beauté de ses paysages (exception faite des plages), mais dans l’exceptionnelle qualité et beauté des eaux transparentes qui les entourent.
Les Bahamas sont une piscine géante où plonger devient un voyage fantastique à la rencontre d’une faune aussi exubérante que fragile. Aux abords des mouillages, la plupart des patates de corail n’ont pas résisté à la pollution engendrée par la surpopulation maritime.
Beaucoup se rendent aux Bahamas pour les « consommer ». Peu leur importe les conséquences de leurs actes, ils sont là pour « profiter ». Quant aux règles maritimes, il vaut mieux éviter le sujet, certains ne sauraient même pas de quoi l’on parle.
Les quelques autochtones croisés ont été aimables, souriants et serviables. Surprise très agréable si on les compare aux les Antilles françaises. Question de mentalité.
En conclusion, il n’y a rien à voir en surface, mais tout à découvrir sous l’eau.
Nos bipèdes ont été heureux de quitter ces eaux turquoise absolument somptueuses. Après une escale à Miami, ils ont rejoint le Nord de la Floride par l’océan et ont décollé.

D’autres perspectives sur le monde terrien s’offrent momentanément à eux. Ils vont se nourrir des possibles de leur environnement et se concentrer sur LE projet. Celui pour lequel ils ont choisi Adelie : le passage du Nord-Ouest.

samedi 2 janvier 2016

Autorisation de monter à bord.


Nous vous présentons FuKu (prononcer foukou) et Pod, plus orange que jamais. Tous deux sont séduits par l’idée de découvrir le monde hors de leur condition. Fuku veut absolument goûter aux nourritures exotiques. Quant à Pod, il a décidé de visiter tous les sites susceptibles d’abriter ses congénères, les copépodes.

Survivrons-t-ils aux océans et aux rigueurs de la vie maritime ?

vendredi 7 août 2015

Bonjour

La question des possibles et des choix

Si nous en faisons tous, avec conscience ou non, nos choix déterminent notre vie. Le notre fut de préférer devenir des nomades des mers et océans 

"l'autre monde".
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http://www.seven-seas.fr/ élargit donc ses perspectives.

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Juste deux voyageurs aux yeux ouverts embarqués sur un voilier nommé Adélie.

Regards de Bipèdes - IV

LES CARAÏBES

Les Caraïbes sont devenues  une immense maison de retraite à mer ouverte. Elles sont le terrain de jeu privilégié des assoiffés de soleil et de chaleur en saison hivernale. Principalement, des populations venues d'Europe, du Canada et des États Unis  sont représentées.
Il n'est pas rare de croiser des gens passant plusieurs mois sur leur bateau (le plus souvent des catamarans d'ailleurs) et ce, depuis nombre d'années. Ils naviguent peu. Changer de mouillage de temps en temps suffit à leur bonheur. Concernant les européens, certains ont, tout de même,  traversé l'Atlantique. D'autres ont préféré faire convoyer leur coque par cargos, camions pour l'Amérique du Nord, ou louent les services d'un skippeur. Et, la grande mode de ces dernières années est la traversée de lAtlantique en groupe ! Et, pour ne pas la nommer, cest lArc qui organise cette transatlantique. Cest, à nen pas douter, un mode de consommation qui prend de lessor. Une Transat "prémâchée" vendue T.T.C. Christophe Colomb aurait adoré.
Quelques-uns achètent leurs embarcations sur zone pour simplifier les problématiques des déplacements sur longue distance.
Tout ce petit monde cohabite sur l'eau en saison sèche et embouteille joyeusement les mouillages. Il n'est pas rare d'être confronté à une promiscuité peu réjouissante. Faire un parallèle entre un mois d'août sur la côte méditerranéenne vient facilement à l'esprit.
L'ampleur du phénomène est telle qu'il génère des comportements aberrants. L'ignorance des règles maritime ferait hurler n'importe quel puriste. Sans aller jusque là, il serait judicieux de faire observer un minimum la réglementation locale et les codes internationaux. Un laxisme débridé s'établit et occasionne des comportements indignes. En faire la liste serait fastidieux et ceux qui navigueront dans ces eaux comprendront tout de suite ces propos.
Ce n'est donc pas aux Caraïbes que l'esprit marin s'épanouit ; loin s'en faut.
Pourtant, au milieu de cette faune hétéroclite, il peut arriver de faire des rencontres épatantes.  Quelques voyageurs, à bord de leurs voiliers, dont la route passe par les Caraïbes. Ils sont en escale ; ce qui fait toute la différence.
Et les locaux dans tout ce tourbillon maritime et terrestre ? Et bien, tout dépend des îles. Nos bipèdes sont loin d'avoir  pu les observer dans leur totalité.
Cependant, bien que leur pavillon soit tricolore (Français : bleu-blanc-rouge pour les amnésiques), ils sont navrés d'avoir constaté qu'en Martinique, ils ne sont qu'une carte de crédit sur patte. Aussi, une forme de mépris à l'état latent a tendance à plomber l'ambiance. Phénomène courant, particulièrement établi chez une frange de la population. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour pouvoir expliquer le "pourquoi du comment" de tels comportements. Mais, il serait présomptueux de faire une analyse sociologique alors qu'ils ne sont restés que peu dans quelques magnifiques mouillages.
D'autres îles, d'autres ambiances... A la Barbade, les autochtones vaquent à leurs occupations et ignorent "les envahisseurs". L'on ne sent aucune agressivité.  Il en est de même à la Grenade où la population, même s'ils n'ont pas coché l'option "sourire", est très aimable.
Continuons par Sainte Lucie. Comme en Martinique, les visiteurs font partie inhérente du paysage.   CB sur pattes là aussi, ils paient leur invasion pacifique.
Finissons par Saint-Martin. Cette petite île à la particularité d'être divisée en deux. Côté hollandais, c'est l'effervescence. C'est à qui saura le plus efficacement séduire la foule qui se répand sur les plages et les villages adjacents. Clairement, ils ont choisi d'empocher les liquidités qu'ils subodorent d'être à leur portée. Haranguer le passant est un sport national. A l'inverse, la partie française est calme, paisible ; presque en déshérence. Le contraste est saisissant. Les choix des décideurs ont été, manifestement, différents.
Les Caraïbes sont des cartes postales, certaines magnifiques au vue de là plupart. Il est manifeste que les peuples des îles, s'ils retirent un bénéfice plus ou moins substantiel le la manne touristique, subissent aussi une surpopulation dont les comportements peuvent choquer, voire heurter les sensibilités. Mais, la carte postale est belle...
Effleurer les Caraïbes, même superficiellement, est une expérience tout à fait intéressante sur la route d'autres aventures. En partir est un soulagement.

LA FLORIDE

Nouvelle approche pour nos bipèdes marins. Après quelques mois passés dans les îles (météo oblige), voici un qu'un continent leur ouvre ses portes. Une nouvelle page  est à écrire.
Après onze jours isolés où l'océan dicte ses lois, les sensations sont fortes lorsqu'ils abordent en Amérique du Nord.
 Comment ne pas avoir une pensée pour tous ces découvreurs de terres supposées. Quels sentiments pouvaient les habiter ? Aujourd'hui, la géographie de notre planète n'est plus vraiment un secret. Pourtant, il suffit de garder les yeux ouverts et le voyageur devient découvreur. A lui d'être réceptif.
Nos bipèdes ont connaissance d'une version terrestre du pays qui n'inclut pas la Floride. Comme la plupart, c'est par le prisme du cinéma, des séries télévisées, des documentaires, des lectures dédiées et de rencontres qu'ils ont dessiné l'esquisse de cet état. À eux d'en préciser les contours et de trouver les couleurs qui sauront identifier, au mieux, ce qu'est, à leurs yeux, cette pointe de terre ; en version maritime cette fois.
À suivre...

mercredi 6 août 2014

Regards de Bipèdes



Episode 1

Prologue  - ŒIL DE HUNE
 A l'évidence, mers et océans sont des espaces où, en toute logique, les terriens n’ont pas leur place. Cependant, quelques humains s'essaient à rédiger leurs histoires hors des routes convenues. Les fondations de leurs maisons sont    devenues lests, leurs routes les courants, leurs paysages les océans.
Pas si simple ! Pourquoi ? Comment ? Et que vont-ils rencontrer sur leurs routes liquides ? 
Nous les apercevons parfois à l’horizon d’une mer accueillante. Voiliers aux garde-robes déployées comme les ailes d’un oiseau. Qui sont-ils ? Que voient-ils ?
Ce sont leurs histoires, leurs expériences qui sont notre fil d’Ariane. La découverte d’une sphère où il est primordial de ne pas se fier aux apparences.  
 Sujet de l’étude :
Le bipède en marinière rayée et ciré jaune ayant pour objectif de quitter la terre ferme pour s’inventer une nouvelle vie à bord de son embarcation.
Il est généralement d’âge mur, de sexe masculin et peut appartenir à toutes les classes sociales.
1 – LA RECHERCHE :
Une fois enfin réunies les conditions financières, administratives et familiales - du moins le croit-il – sa première aventure sera de devenir propriétaire de son voilier. Plusieurs cas de figure s’offrent à lui :
- Acheter un bateau neuf.  Certains ont les moyens et tant mieux.
- Construire d’après plans. Peu achèvent l’objet de leur rêve mais ceux qui y parviennent ont le respect de leurs pairs.
- Trouver enfin une occasion qui corresponde à son désir. Notre bipède est dans cette catégorie et va donc éplucher tous les supports dont il dispose, décortiquer les annonces et croiser les informations. Comme c’est un primo accédant, il sera prudent et contentieux. Il a fixé ses critères de sélection ; que la recherche commence.
Très vite, il va lui falloir faire une première sélection. Parce que notre bipède a bien vu un voilier intéressant mais il se trouve aux Antilles, un autre vers Cherbourg et un troisième au Canada. Premières petites déceptions, il n’avait pas vraiment pensé qu’il lui faudrait prévoir un budget avant même d’acheter quoi que ce soit. Il va donc restreindre sa chasse à une zone géographique qui lui permette de se rendre sur place. Sauf s’il a la certitude de trouver le voilier du siècle, il ne prendra pas l’avion pour l’autre bout de la planète. Il est prudent, lucide et économe notre spécimen. D’après ses prévisions, il pense trouver son voilier d’ici douze mois.  Il aimerait éviter les brokers histoire d’économiser les frais de courtage.
« Ils ont l’affectif accroché à la coque »
Rencontrer les propriétaires de voiliers qui s’en séparent  est une expérience tout à fait instructive. Là aussi, notre bipède sera confronté à plusieurs cas de figure :
- Le filou qui essaiera de lui faire prendre les vessies pour des lanternes. Il s’apercevra très vite de la mauvaise foi de son interlocuteur. Le voilier proposé demanderait trop de travaux pour le prix proposé. Il est un peu déçu mais est conscient des difficultés à trouver son bonheur dans la jungle qu’est le marché de l’occasion.
- L’affectif qui lui racontera tout ce qu’il a vécu sur son bateau durant des heures alors qu’il voudrait simplement le visiter, voir l’inventaire et pouvoir poser quelques questions judicieuses pour évaluer son état. Il aura le sentiment de perdre son temps et apprendra à tester son seuil de patience.
- Le dépressif qui acceptera tout juste de lui faire visiter son bijou et refusera tout dialogue constructif. En définitive, cette personne ne tenait pas à vendre.
- Le pragmatique qui aura une vision clinique du voilier et en exposera les potentiels et  les failles. Il est précis, lucide et essaie de rester objectif.
- Le pittoresque. Lui sait tout, a tout vécu et généralement affiche ostensiblement son identité à son mât. C’est clair, à lui, on ne la fait pas.
Evidemment, notre bipède n’appartient pas à son ethnie. Il aura donc droit à son regard condescendant et à ses conseils avisés - ça va de soi ! –.

Après avoir rencontré ces divers personnages, notre bipède devra affiner ses recherches, approfondir encore ses connaissances – mais qui pense à tout après tout ! -  Maintenant qu’il a une petite expérience, il compte la mettre à profit. Si l’on ne lui vendra jamais une poire pour une pomme, il réalise tout de même qu’il pourrait fort bien se faire gruger par un expert ou par ses propres désirs ; impérativement se méfier de ses coups de cœurs par exemple. Fort de ce savoir, il se sent armé pour effectuer une sélection rigoureuse qui correspondra à ses moyens. Ne pas sortir de son budget. Tout est là. Avoir la sagesse de ne pas lorgner sur quelques coques tellement attrayantes mais qui reviendraient tellement plus chères… Parce que NON ! Notre bipède n’est pas idiot, il ne compte pas gagner prochainement au loto – d’abord il ne joue pas – et, pour ce qu’il en sait, il n’a pas un oncle en Amérique qui serait sur le point de mourir et lui lèguerait sa fortune par pure bonté d’âme.
_-_-_
Aujourd’hui, notre bipède est heureux. Après six mois de prise de tête, il a enfin trouvé le bateau de voyage tel qu’il le concevait. D’accord, il est un poil plus cher mais il a réussi à en négocier le prix pour lui permettre de remplacer l’ancien moteur par un neuf. Evidemment, il a fait expertiser le voilier avant signature. Notre bipède n’est ni naïf, ni inconscient. Ses moyens ne lui permettraient pas une erreur d’appréciation. Tout va bien dans le meilleur des mondes possibles. Il vient de conclure la première étape de son futur. 
 
2 -  L’ ALTER EGO :
Parce qu’il vit généralement en couple notre bipède. La plupart ont la cinquantaine bien sonnée. Leur vie va changer du tout au tout aussi est-il intéressant de se pencher un instant sur les motivations de chacun.
Suite à une petite étude menée sur les pontons et après avoir longuement suivi les fils les forums des sites spécialisés, il s’avère que trois groupes de couples se dégagent :
- Les complices. Eux ont décidé ensemble de vivre sur un voilier. Le bipède mâle a généralement le plus d’expérience, Madame assume sa nouvelle vie et sait être à la hauteur. Elle apprend vite et n’a rien de la plante verte posée sur la table pour orner le carré.
- Les institutionnels - Reflets des hiérarchies terriennes. Le bipède décide et sa « moitié » suit. Pour faire plaisir et par amour pour son bipède préféré, elle adopte le rêve de l’autre sans tout à fait le partager.  Oui, elle aime la mer et s’imagine déjà nager dans des eaux de rêve. Certes ; mais qu’en sera-t-il après 48 h de tempête ? Où d’avoir l’impression de vivre dans une éponge tant l’humidité s’est infiltrée dans tous les recoins du voilier et surtout dans ses vêtements ?
L’union de ces bipèdes là ne survivra que peu. A long terme, il est impossible de subir le rêve de quelqu’un. Mers et océans sont des milieux hostiles où l’humain n’est que toléré.
- Les partiels. Ils sont adeptes du compromis. Madame rejoindra son bipède aux escales et chacun vivra son histoire à sa convenance. Ils vivent l’un à côté de l’autre et non l’un avec l’autre. C’est une sorte d’accord à l’amiable. Une convention non écrite qui peut être viable dans le temps mais qui, la plupart du temps, finira par la vente du voilier.
Nota : il est exceptionnel de rencontrer « une » capitaine.
 
3 – LES PREMICES :
Une fois l’objet de tous les désirs acheté. Il convient maintenant de l’équiper à son goût.
Il faudra à notre couple de bipède trouver l’endroit adéquat où le stocker afin de le préparer en toute quiétudes. Parce qu’évidemment, il ne se trouve pas près de leur zone d’habitation ! Trouver un port à sec à un prix raisonnable et non loin de leur résidence s’avère parfois possible. Il peut aussi négocier avec une entreprise possédant des locaux ou parkings sur un port. Dans ce cas, se pose la liberté d’accès à son voilier.  Il est aussi impératif de pouvoir travailler en toute quiétude et d’être autorisé à habiter sur le voilier pendant les travaux. Comme toujours, une négociation entre les parties concernées est absolument nécessaire avant tout choix définitif.
L’ère de stockage sera, au mieux, à quelques encablures du lieu de résidence. Il faudra donc un moyen de locomotion et tenir compte des frais de carburant
Réfléchissons : à combien la petite merveille de nos bipèdes revient-elle pour l’instant ?
- Frais de recherche,
- Frais d’expertise,
- L’ACHAT,
- Frais d’assurance,
- Frais de stockage,
- Frais de déplacements.

Hum !  Hé oui, ça chiffre ! Mais continuons l’étude et faisons plus ample connaissance avec nos sujets et leurs futures aventures. Voici une esquisse de leur profil :

Le capitaine n’est pas un novice. Il pratique la voile depuis l’enfance et s’est frotté durant longtemps aux tactiques des régates, aux  états d’âmes les clients lorsqu’il était skippeur. Maintenant, il va être enfin maître à bord et ne veut rien négliger dans sa préparation.  Son objectif est de pouvoir faire face aux diverses surprises qui ne manqueront pas de s’offrir dans les moments les moins sereins. Il a la soixantaine et est en excellente forme physique.
Madame, qui s’est octroyé le titre de chef de bord, n’a aucune expérience en matière de navigation. Elle a toujours voulu ardemment un voilier et n’attend qu’une chose : mettre les voiles ! Elle n’a pas vraiment conscience de la réalité maritime. C’est cash qu’elle le paiera mais, pour l’instant, elle s’est focalisée sur la cosmétique de l’intérieur du voilier. Elle arbore ses soixante ans avec panache et, tout comme son alter ego, est en excellente forme physique.
Leur première année en tant que propriétaire sera dédiée à la mise en œuvre des diverses réparations et améliorations à réaliser. Focalisés par cette entreprise, temps libre et finances seront toutes orientées vers leur voilier. Ils doivent user de stratagèmes pour arriver à leur fin sans être épuisés, dépassés par leurs travaux ou, au pire, se ruiner.
L’ère de stockage devient vite un second lieu d’habitation et, selon son importance, toute une population éclectique se trouve concentrée dans le même espace.
L’un des exemples en la matière est Navy Service à Port Saint Louis du Rhône – France. L’endroit est incroyable de par son immense espace et sa multitude d’habitants. Situé au bord du canal débouchant dans le golfe de Fos, il jouit d’un emplacement idéal pour tout marin en recherche d’un port à sec sécurisé en Méditerranée.  L’on y retrouve une population on ne peut plus éclectique où les plus fortunés côtoient les plus démunis. Il en est de même quant à la gamme des voiliers ; des flambants neufs aux épaves. Il en résulte un kaléidoscope de marins qui peuvent être aux antipodes des uns des autres et qui ne se seraient certainement jamais croisés hors de ce lieu.
 
Episode 2
ÉTUDE DE COMPORTEMENTS

S'il y a bien une chose à laquelle nos bipèdes ne s'attendaient pas, c'est à l'attitude des terriens lorsqu'ils apprennent que ceux-ci sont les heureux propriétaires d'un voilier de voyage. Les clichés déferlent avec la force d’une avalanche non contrôlée.
Les comportements diffèrent suivant leur statut social mais surtout selon leur ouverture d'esprit et leur vision du monde.

- Les indifférents : Peu leur importe. Cet achat n'entre pas dans leur listing de choses à convoiter. Il ne représente rien à leurs yeux et n'ont aucune envie de s'intéresser aux implications d'un tel achat. Fin de l'histoire. Ils n’en n’ont croisé que peu.
-  Les jaloux : Curiosité malsaine ne visant qu’à pouvoir médire. Ils ne sont pas légion mais forment tout de même un bel ensemble.
- Les manichéens : Ils considèrent que voilier = moyens financiers conséquents et donc : « ces bipèdes sont riches ».

Sidérant ! Certes, dans l’inconscient collectif, le voilier est assimilé à aisance financière voire plus. Les médias et la publicité se chargent largement de voguer sur ce concept erroné. L’amalgame est vite fait et comme les terriens adorent classifier les gens selon des critères basiques,  voilà le résultat !  Parfois, nos bipèdes prennent la peine de leur faire remarquer qu’un voilier de voyage n’a rien à voir avec la plupart des voiliers qu’ils aperçoivent dans les marinas. Ils ne le considèrent pas comme une résidence secondaire où passer agréablement les vacances mais un moyen de vivre le monde autrement. Qu’il s’agit d’un choix murement réfléchi et que pour cela, ils y ont consacré la plupart de leurs moyens. Qu’ils n’ont pas le dernier 4x4 ou autre berline puissante. Qu’ils ne trouveront pas dans leur habitation le top des cuisines ou le summum des canapés et ne bénéficient pas de tous les abonnements aux chaines cryptées ni des derniers mobiles mis sur le marché. Et s’ils avaient un peu de jugeote, ils se rendraient compte que la gamme offerte et aussi large que pour une voiture – de la Dacia à la Ferrari.
Souvent, les bipèdes marins ont vendu leur résidence pour continuer leur voyage ; sans regrets d’ailleurs pour ceux qu’ils ont rencontré. Encore une fois, question de choix.
Il y a donc un problème de compréhension évident. Le commun des mortels adore juger sans trop se poser  de questions ; convaincu de ses raisonnements.
Faut-il utiliser son énergie à vouloir rectifier leur vision des choses. Nos bipèdes n’en sont pas persuadés car les manichéens son pléthore.  

Les enthousiastes : Très intéressés, ils s’informent sans arrières pensées. Même s’ils n’imaginent pas un instant vivre à bord d’un voilier, ils ont plaisir à se documenter, sont demandeurs d’infos et souhaitent pouvoir suivre l’évolution du projet. Ce sont généralement des gens positifs, bien dans leur peau et ouverts. Hélas, ces bipèdes terriens sont presque en extinction. 
  Episode 3
1 – LA PRISE EN MAIN
Chaque voilier répond de manière différente suivant les formes de sa carène, la façon dont il est grée, le réglage de son équilibre sous voile, son poids, les conditions de vent et de mer et le style du capitaine.
Personne s’embarque à l’aveuglette dans un voyage longue distance. Il faut tester les qualités et faiblesses du voilier et celles de personnes embarquée. Cela paraît une évidence mais il est bon de le rappeler.
2 – LE MAL DE MER 
Sujet on ne peut plus sensible. Il est à noter que les capitaines, et plus généralement le sexe masculin, sont moins enclins à ce phénomène que ces dames. Pour tous, ce sont les trois premiers jours qui sont essentiels. Après ce laps de temps, l’on est amariné. Hélas, pour certains, cette adaptation ne se produit jamais et ils sont contraints à absorber des anti nauséeux. 

Il ne faut surtout pas sous-estimer un mal de mer. Il peut mettre en danger une navigation et remettre en question les plus beaux projets.
Qui n’a jamais été malade ne peut réaliser vraiment son incidence ! Imaginez pourtant vous retrouver gisant sur une couchette, à l’agonie, terrifié, humilié et voulant en finir de n’importe quelle manière. Prisonnier au milieu d’une mer agitée ou d’un océan en colère, la peur, voire la panique peut surgir et vous anéantir. Subir un mal de mer est une horreur et celui qui a la chance de n’être pas concerné doit savoir gérer ces moments là avec la plus grande rigueur. Non seulement il doit assurer une bonne navigation mais aussi prendre soin du malade - Rassurer, allonger, hydrater, réchauffer – Tout un programme !
3 – CE SONT TOUJOURS EUX QUI GAGNENT
Mers et océans sont des espaces où, en toute logique, les terriens n’ont pas leur place. Alors, lorsque le bipède décide de voguer à son gré, il s’apercevra immédiatement qu’il est aux antipodes de son milieu originel. 
Comme une attraction irrésistible, « ils » ensorcellent par leur beauté, leur accessibilité apparente, leurs mystères, leurs possibles. Ce sont des mondes qui fascinent et  terrifient.
Alors, lorsqu’ils s’embarquent, les bipèdes devraient ancrer dans leur cerveau qu’ils sont en milieu hostile. Mers et océans de pardonnent rien et toute erreur de navigation, tout laxisme quant à l’entretien de leur embarcation, toute négligence dans la préparation d’un départ, comme l’étude attentive des conditions atmosphériques,  toute indulgence envers la sécuritése paient cash.
« SECURITE – SECURITE – SECURITE »

Episode 4
1 – LES LISTES
En bons bipèdes marins, ils adorent faire des listes. Parce qu’il n’est plus question de préparer des vacances là. C’est à long terme qu’il faut penser et prévoir ; d’où ces listes qui fleurissent se nourrissant principalement des expériences des autres et d’une bonne dose d’imagination.
Leur constitution est en vrai bonheur. Elles sont les outils de leur futur, permettent de rêver et sont les hors-d’œuvre du voyage. Indispensables, elles sont les supports d’une organisation qui se veut sans faille mais qui en aura tout de même ! Hé oui, nul n’est parfait et personne, personne ne pense à tout. Si quelqu’un ose dire le contraire, c’est un fieffé menteur.
Voici une petite liste des listes !
Ne faut-il pas avoir l’esprit un peu tordu pour en arriver là ? Laissons ! C’est une autre histoire.
Liste - Documents administratifs : Parce que s’ils s’imaginent qu’entrer dans l’espace de liberté qu’est la mer exonère des contingences administratives, ils se trompent lourdement. Non seulement il faut être en règle avec son propre pays mais également prévoir de l’être avec les pays qui vont l’accueillir. Il faudra pouvoir présenter les papiers du voilier, ceux des occupants bipèdes et quadrupèdes s’il y a lieu, et tous les justificatifs possible que l’on va pouvoir leur demander de fournir (permis de conduire (national + international),  carte vitale (nationale + européenne) factures, ordonnances etc. sans compter les justificatifs permettant de prouver que l’on n’a pas l’intention d’entrer clandestinement dans le pays pour y vivre – documents possiblement demandés pour les Etats Unis par exemple.
Evidemment, éviter d’oublier sa carte de crédit !
- Liste - Gréement : dûment répertorié. C’est une liste majeure qu’il convient de travailler consciencieusement. Prévoir la casse possible et avoir les moyens de faire face. Là, nous sommes dans le registre de l’indispensable et du vital. On ne le répètera jamais assez :
« SECURITE – SECURITE – SECURITE »
Liste - Technique : Notre bipède mâle adorerait pouvoir embarquer son atelier mais se contentera des outils de base et d’un éventail aussi large que possible de pièces détachées et de produits évidemment indispensables qu’il jugera bon d’avoir à proximité.  Bien entendu, il n’oubliera pas le mode d’emploi de chaque instrument ou machine embarqués.
Madame intervient généralement pour rappeler qu’ils possèdent un voilier, pas un trois mât barque.
Liste -. Documentation : Cartes papier et virtuelles. Guides etc.
Liste - Stockage gasoil et eau : Evaluer la quantité de gasoil à embarquer hors cuve (la plupart du temps toujours trop petite). Idem pour l’eau potable (les réservoirs sont trop modestes suivant les projets). Il faut rappeler que l’eau de pluie peut être absorbée mais est déminéralisée.
Liste - Avitaillement : essentiel pour la survie et l’harmonie du bord. Savoir évaluer quelques mois de nourriture n’est pas chose aussi évidente qu’il y paraît. En premier lieu, il faut déterminer les denrées de base et leur quantité. Ensuite, comme il est évident qu’il sera impossible de trouver ailleurs telle ou telle marque d’un produit prisé, il faudra stocker (autant éviter les frustrations engendrées par l’oubli d’un thé, café ou d’un chocolat). Une chose est certaine, même s’ils s’adaptent sans problème aux coutumes culinaires locales, les bipèdes marins apprécient les saveurs de leur terroir.  Ajouter la nourriture des animaux embarqués (car comment expliquer à chienchien que l’on ne trouve pas ses croquettes préférés ici !) Bref ! bien des détails peuvent finir par poser de vrais problèmes alors autant essayer de les éviter n’est-il pas ?....
Il sera aussi noté les conserves faites « maison » qui seront prisées au plus haut point en navigation. N’est-ce pas merveilleux que de déguster un poulet aux girolles au milieu de nulle part ?
Prévoir un conditionnement le plus étanche possible car farine, pâtes, sucre et riz détestent l’humidité par exemple.
Liste - Hygiène et entretien : Comme pour l’avitaillement, il vaut mieux prendre ses précautions. Shampoings, crèmes et autres savons trouveront une place à bord. D’autant plus que ces produits sont, la plupart du temps, beaucoup plus chers à l’étranger qu’en France.
Concernant les produits d’entretien, une simple base de départ suffit.  S’approvisionner n’importe où est facile.
Liste - Pharmacie : plus qu’ailleurs, le bipède marin doit être et surtout rester en forme. Pour cela, il aura vu son médecin avant de partir et il aura en poche les ordonnances concernant ses pathologies. S’y ajouteront les ordonnances liées à la pharmacie du bord. Suivant le degré d’hypocondrie, le volume de la pharmacie sera plus ou moins important. Il lui faudra avoir de quoi faire face à la « bobologie » mais aussi pouvoir faire de la petite chirurgie. Ainsi paré, il pourra prendre la mer en toute sérénité.
Liste - Habillement : Vêtements et sous-vêtements techniques pour navigation haute mer sans oublier gants bonnets et bottes. S’encombrer le moins possible mais prévoir une base pour chaque situation météo. Préférer les matières techniques pour leurs propriétés (froid, chaud, transpiration etc.) qui sèchent vite, sont peu encombrantes et d’un entretien facile.
Liste - Loisirs : C’est au bon vouloir de chacun mais il vaut mieux y penser. Que l’on veuille s’instruire, se distraire ou simplement s’occuper, il faut le prévoir.
Pour les adeptes des Pad, n’oubliez pas quelques livre « papier » car un problème d’énergie peut vous obliger à ranger votre superbe outil. Un simple livre de poche n’a besoin d’être branché nulle part pour répondre à sa fonction.
Une fois ces listes superbement rédigées, il faudra évaluer si toutes ces bonnes idées sont compatibles avec l’espace dédié aux rangements !  Là, c’est une autre histoire et il faudra sans doute, et même certainement, faire des choix.

2 – L’AVANT DÉPART
Ils ont cogité et se sont activés des heures durant. Maintenant le voilier est prêt et il ne reste plus qu’à choisir la date de la mise à l’eau. Ils finaliseront les préparatifs une fois à quai. Quelques jours excitants et compliqués. Les derniers achats en produits frais sont faits et la famille, les copains sont passés souhaiter « bon vent ».
« L’autre vie » commencera dès qu’ils auront largué les amarres.